BERLIOZ FRAGMENTS DE MÉMOIRE

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LONDRES 1848

On a imprimé, et on imprime encore de temps en temps à mon sujet des notices biographiques si pleines d’inexactitudes et d’erreurs, que l’idée m’est enfin venue d’écrire moi-même ce qui, dans ma vie laborieuse et agitée, me paraît susceptible de quelque intérêt pour les amis de l’art. Cette étude rétrospective me fournira en outre l’occasion de donner des notions exactes sur les difficultés que présente, à notre époque, la carrière des compositeurs, et offrir à ceux-ci quelques enseignements utiles.

 

Si j’ai tort de céder aujourd’hui à ce désir amical, ce n’est pas, au moins, que je m’abuse sur l’importance d’un pareil travail. Le public s’inquiète peu, je n’en saurais douter, de ce que je puis avoir fait, senti ou pensé. Mais un petit nombre d’artistes et d’amateurs de musique, s’étant montrés pourtant curieux de le savoir, encore vaut-il mieux leur dire le vrai que leur laisser croire le faux. Je n’ai pas la moindre velléité non plus de me présenter devant Dieu mon livre à la main en me déclarant le meilleur des hommes ni d’écrire des confessions. Je ne dirai que ce qu’il me plaira de dire ; et si le lecteur me refuse son absolution, il faudra qu’il soit d’une sévérité peu orthodoxe, car je n’avouerai que les péchés véniels.​​

Hector Berlioz

VOYAGE MUSICAL À TRAVERS LES MÉMOIRES DE BERLIOZ

 

Les Mémoires de Berlioz tracent le portrait exemplaire d’une sensibilité à l’époque romantique. Né en 1803, Berlioz est le contemporain de Hugo, de Delacroix, et l’aîné de quelques années de Mendelssohn, Chopin, Liszt, Schumann et Wagner ; il demeure cependant une figure isolée dans le paysage musical français et la singularité flamboyante de son œuvre suscite en France ironie et scepticisme.

 

Trop souvent, le récit des triomphes sans lendemains alterne sous sa plume avec des échecs cuisants. Contraint de tenir le feuilleton musical du puissant Journal des débats, le compositeur s’est fait des ennemis par son intransigeance face à la médiocrité de tant de créations contemporaines et au laxisme dans l’exécution des œuvres qu’il révère chez Beethoven, Gluck ou Weber. Des voyages mènent ce chef d’orchestre émérite à travers l’Europe et jusqu’en Russie, tandis que l’appui généreux de Liszt lui ouvre l’Allemagne des princes mélomanes. Berlioz revient alors à Paris comblé d’honneurs et de quelques profits, retrouvant l’obsédant feuilleton et une épouse malade, Harriet Smithson, qui fut, au théâtre, l’inoubliable Juliette de Shakespeare, l’inspiratrice de la Symphonie fantastique... Les dernières années du compositeur sont assombries par les vicissitudes de son grand œuvre, Les Troyens, qu’il ne vit jamais intégralement représenté. Une flamme brille cependant encore en lui : son amour d’enfance pour Estelle Fornier qu’il revoit enfin – dernier épisode, peut-être le plus émouvant, de ces étincelantes Mémoires.

 

C’est sur ces dernières années que nous nous sommes appuyés en compagnie de la dramaturge Alice Girard, pour faire émerger un Berlioz moins connu. Un homme qui se retourne sur ses mémoires et qui, par fragment, fait remonter à lui les souvenirs de ses amours passées. Les femmes de sa vie, les auteurs, les lieux. Toute une jeunesse turbulente et à jamais perdue. Avec un formidable sens du théâtre, passant sans cesse de la mélancolie la plus ostentatoire à une critique caustique de son rapport au monde, il se tient toujours sur le fil du rasoir et, cela faisant, nous entraine avec une jubilation presque morbide au cœur de son œuvre, peut-être la plus romantique qui soit.

 

Pour conserver le climat intimiste et mélancolique de cette dernière partie des mémoires, nous avons choisi de nous entourer de trois musiciens de renom : le pianiste Dominique Plancade aguerri aux exigences techniques des transcriptions de Liszt, l’altiste Sabine Toutain, qui a souvent interprété Harold en Italie avec l’Orchestre National de France et Juliette Mars, mezzo-soprano, la voix préférée du compositeur. Le piano que nous utilisons est un piano ERARD série 1, piano sur lequel Liszt a joué et composé et qui nous donne une idée précise de la couleur sonore dans laquelle étaient plongés les compositeurs de l’époque.

 

L’idée de ce concert, outre le fait de nous faire rencontrer l’homme par le truchement de ses mémoires, est de donner envie à un public peu habitué aux salles de concert, de franchir le pas et de venir écouter Berlioz lui-même nous parler de sa vie et de son œuvre. Une manière de comprendre que la musique n’est pas une abstraction, mais qu’elle est liée à des hommes et des femmes, à une époque, à une culture et des sentiments singuliers. Qu’elle est pour chacun d’entre nous un patrimoine humain au même titre que la littérature, la peinture ou l’architecture.

 

Berlioz n’est pas un musicien facile d’accès, sa musique est impétueuse et irrégulière comme lui, elle est fantastique et gothique, comme lui, elle est mélancolique et quelquefois morbide comme lui l’était. Il faut peut-être le rencontrer pour l’aimer. C’est ce que propose cette série de concerts.

JULIETTE MARS | mezzo-soprano

Née en 1979, fait son apprentissage du chant auprès de Jacqueline Bonnardot puis se perfectionne avec Tom Krause et Yvonne Minton. Elle est titulaire du diplôme de fin d’études de violoncelle que lui remettra Roland Pidoux en 1999.

 

Après avoir obtenu le certificat d`études générales du CNSM de Lyon, Juliette Mars obtient le diplôme de virtuosité de la Schola Cantorum de Paris. Elle intègre ensuite le CNIPAL de Marseille et se distingue lors de différents concours internationaux (« Voix nouvelles », Opéralia). Sur scène, elle débute en 2000 à Saint-Etienne dans le rôle de Gala dans Roma de Massenet, puis sera réinvitée sur cette scène pour chanter la deuxième Dame de la Flûte enchantée. On l’entend alors dans le rôle de Marie-Louise dans l’Aiglon (Honegger /Ibert) à l’opéra de Marseille aux côtés d’Alexia Cousin.

 

En Concert, elle chante « les Folksongs » de Luciano Berio sous la direction du compositeur à l’auditorium de Lyon, « Révélation classique » de l’ADAMI en 2005, elle se produit au festival Pablo Casals de Prades, puis à Lille plusieurs fois. Elle est engagée régulièrement en concert de musique sacrée. Lors de la saison 2006-2007, Juliette Mars intègre la prestigieuse troupe du Staatsoper de Vienne. Depuis, elle y aura chanté une quarantaine de rôles.

DOMINIQUE PLANCADE | pianiste

 

Dominique Plancade obtient un Premier Prix de piano et de musique de chambre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans les classes de Pascal Devoyon, Christian Ivaldi et Alain Planès et complète sa formation en suivant les cours d’accompagnement de Jean Koerner.

 

En 1992, il fonde avec la pianiste Laura Fromentin, le Duo Fromentin–Plancade (quatre mains/deux pianos). Le Duo se perfectionne aux côtés de Christian Ivaldi, toujours au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, dans sa classe de perfectionnement. Lors de master classes, ils
recueilleront de précieux conseils auprès de maîtres tels que Leon Fleisher, György Sebök ou Ralf Gothóni. La maison de disque EMI CLASSICS les remarque lors d’un concert et les invite à graver leur premier enregistrement.

 

Plébiscité par la critique en France et en Europe et récompensé d’un ƒƒƒƒ de Télérama, le Duo Fromentin–Plancade débute alors une belle carrière à travers le monde entier. Que ce soit avec orchestre ou en récital, le duo gagne l’enthousiasme du public.

SABINE TOUTAIN| altiste

Née en 1966 au Mans, Sabine Toutain y débute ses études musicales. Dès 6 ans, elle choisit l’alto.

Elle entre au CNSM de Paris en 1982, puis obtient, en 1984 les 1ers prix d’alto dans la classe de Serge Collot, et de musique de chambre de Bruno Pasquier. Elle poursuit ses études grâce au cycle de perfectionnement de quatuor à cordes dans la classe de Jean Moullière. Elle est la 1ère altiste à intégrer la classe de perfectionnement d’alto, ce qui lui permet de préparer les concours internationaux.

Sabine Toutain est d’abord finaliste du Concours Eurovision des jeunes musiciens, puis lauréate du Concours International Maurice Vieux. Elle obtient également le 2ème prix et  le prix de la Suisse au Concours International de Genève. Les grandes salles parisiennes l’invitent alors : auditorium du Louvre, salle Gaveau, Radio France… où elle se produit tant en soliste qu’en musique de chambre. Elle est également invitée à Prague pour y interpréter la Rhapsody-concerto de B. Martinu avec la philarmonie tchèque. Elle se produit aussi en Italie, Espagne, en Suisse et au Vietnam.

Sollicitée par de nombreux compositeurs, elle crée notamment L’épisode 6ème de Betsy Jolas, et rencontrera H. Dutilleux lorsqu’elle jouera son quatuor. De 1990 à 2018, Sabine Toutain est Alto Solo de l’Orchestre National de France avec lequel elle a joué les concertos de B. Bartok et W. Walton. Sous la direction de Sir Colin Davis, elle a interprété Harold en Italie de Berlioz à Paris et à la Fenice de Venise.

Passionnée par l’enseignement, elle est, depuis 2000, professeur d’alto au CNSM de Paris. Elle participe également à des académies d’été et est invitée pour des masterclass en France et à l’étranger.

JEAN MANIFACIER | comédien | metteur en scène | scénariste

 

C’est en pratiquant la scène dès son plus jeune âge et en collaborant avec tous les acteurs du spectacle vivant que Jean Manifacier forge les bases de son métier d’homme de théâtre. Depuis plus de vingt ans, il élabore et met en scène des spectacles qui mêlent musique classique et arts de la scène.

Des années de rencontres et de productions qui l’emmèneront du théâtre des Champs Élysées où il réalise la scénographie des premiers Grands Prix Radio Classique avec Cécilia Bartoli, William Christie et Charlotte Rampling aux Jeunesses Musicales de France. Sous l’impulsion de Georges François Hirsch, il écrit et met en scène plusieurs projets de grande envergure avec l’orchestre de Paris avec lequel il collabore depuis plus de dix ans. Dans sa dernière création avec le prestigieux ensemble, il imagine une rencontre entre Wolfgang et Leopold Mozart qui donnera le spectacle Mozart l’Eternel avec Grégori Baquet et Sandrine Piau programmé en mars 2017 à la philharmonie de Paris et attirant plus de 10 000 spectateurs.

CGV

AUTREMENT CLASSIQUE

Théâtre de l'Escabeau | Ferme de Rivotte

45250 Briare | 0676396382

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