SAISON 2019 | 20

SAMEDI 2 NOVEMBRE 15H00

 

LA VOIX HUMAINE

Jean Cocteau | Francis Poulenc

La voix humaine est une tragédie lyrique en un acte pour soprano et orchestre de Francis Poulenc (1899-1963) basée sur la pièce éponyme de Jean Cocteau (1889-1963) écrite en 1928. Cet opéra a été créé au Théâtre National de l'Opéra-Comique (connu également sous le nom de « salle Favart ») le 6 février 1959 avec dans le rôle d'Elle (seul personnage de l'opéra), la cantatrice française et proche collaboratrice artistique de Poulenc, Denise Duval. Sous les conseils de cette dernière, c'est au jeune chef Georges Prêtre, alors au début de sa carrière, que la direction a été confiée. Les décors, les costumes et la mise en scène ont été quant à eux réalisés par Jean Cocteau.

Après le succès du Dialogue des Carmélites, précédent opéra de Poulenc, le directeur des éditions Ricordi à Paris, Hervé Dugardin, encourage ce dernier à composer un nouvel opéra. Il lui propose de mettre en musique le long monologue écrit par Jean Cocteau dans les années 20, et que l'unique rôle soit créé par Maria Callas. Francis Poulenc accepte finalement ce projet, mais choisit de composer le rôle d'Elle pour son « interprète unique dans tous les sens du terme », Denise Duval. C'est cette dernière qui avait déjà créé les rôles féminins principaux des deux premiers opéras du compositeur (Thérèse dans Les mamelles de Tirésiasen 1947, Blanche de la Force dans Le dialogue des Carmélites en 1957), et à qui il confiera par la suite la création de La dame de Monte-Carlo en 1961.

 

Le succès immédiat de cet opéra a permis sa création rapide dans de nombreux pays comme à la Scala de Milan, mais aussi sur les scènes lyriques du Portugal, du Royaume-Uni et des États-Unis. Dès la première représentation parisienne, le journaliste du Figaro Bernard Gavoty avait prédit que le personnage d'Elle serait pour Denise Duval le rôle de sa vie, avec lequel elle ferait le tour du monde. Et ce fût, en effet, le rôle de sa carrière et celui qui l'a rendu célèbre.

Clés d'écoute de l'opéra

 

Dramaturgie

Lorsqu'il compose La voix humaine Francis Poulenc n'a pas la volonté d'écrire un opéra, mais plutôt une musique accompagnant une pièce de théâtre. L'apport principal de la musique dans l'expression du drame est alors de transmettre les émotions sans avoir recours au mot et par là-même laisser transparaître les non-dits et les sous-entendus d'un discours. Il s'agit ainsi de représenter musicalement tout ce que le personnage dissimule, tout ce qu'il refuse de dire ou n'ose pas dire. C'est à l'orchestre que revient le rôle de dépeindre musicalement les émotions d'Elle, ses angoisses, ses joies, et de décrire l'environnement sonore, comme lorsqu'Elle entend une musique de jazz à l'autre bout du fil.

Francis Poulenc réussit l'incroyable tour de force de maintenir musicalement tout au long de l'opéra la tension émotionnelle présente dans le drame de Cocteau. Il supprime notamment pour cela certains passages qui constituaient pour lui des « détentes » dramatiques. Ces coupures, décidées avec Denise Duval et avec la bénédiction de Jean Cocteau, ont rendu le personnage d'Elle plus calme et plus modeste, moins hystérique et donc moins insupportable, et par là même plus touchant. L'attention du public se concentre alors uniquement sur sa relation avec son ancien amoureux.

Pour structurer son opéra, Francis Poulenc s'est appuyé sur le découpage naturel de la pièce qui peut être scindé en une suite de phases qui suivent les sautes d'humeur du personnage (comme celles du souvenir ou du récit du suicide manqué). Cette structure est par ailleurs rendue perceptible aux auditeurs à travers les sonneries et les coupures du téléphone.
 

Mise en musique

D'un point de vu purement technique, La voix humaine n'est pas une tragédie lyrique. Ce n'est pas un opéra en 5 actes et un prologue, sur un sujet mythologique et laissant une grande place aux ballets et aux chœurs. La voix humaine n'est une tragédie lyrique que dans son utilisation du traitement vocal caractéristique de ce genre français des XVIIe et XVIIIe siècles : le récitatif, cette manière de délivrer un texte à la frontière entre la déclamation et le chant. D'une manière générale, Francis Poulenc a opté pour une ligne vocale prosaïque avec très peu d'envolées lyriques (sauf lors des moments de grande tension émotionnelle comme lorsqu'Elle raconte sa tentative de suicide de la veille) où les phrases musicales sont fragmentées et entrecoupées de cris. Pour laisser transparaître la grande force dramatique du texte, Poulenc écrit de longs passages vocaux sans accompagnement orchestral. C'est notamment à travers cette ligne vocale, conçue en collaboration avec Denise Duval, que l'arrière-fond psychologique se manifeste.

L'orchestre tient également un rôle important dans la retransmission de l'ambiance émotionnelle puisque Poulenc le charge du développement de motifs lyriques et mélodiques. Ce sont à travers ces motifs que Poulenc acquiert, d'une part, une unité musicale, et garantit d'autre part la continuité mélodique tout au long de l'œuvre. Au-delà de dépeindre l'ambiance sordide de la situation, c'est à l'orchestre que va revenir le rôle de combler musicalement le vide laissé par l'absence de l'amant (et donc de devenir cet amant absent et de rentrer en dialogue avec Elle). Malgré son importance, Poulenc a opté pour une orchestration transparente – sans être ascétique ni pauvre – qui laisse la voix à découvert et permet une compréhension immédiate du texte.

La pièce de Jean Cocteau

La pièce éponyme (également en un acte) de Jean Cocteau, qui a servi de livret à l'opéra, a été écrite à la suite de la mort de son compagnon Raymond Radiguet en 1923. Terminée en 1928, il a fallu attendre le 17 février 1930 pour voir cette pièce être créée à la Comédie Française par la comédienne belge et sociétaire, Berthe Bovy. Contrairement au succès mondial de l'opéra, cette pièce a reçu un accueil mitigé, notamment à cause du sujet qu'il traite : celui de la passion aveuglante d'une jeune femme pour son amant et de sa lutte contre le vide affectif et l'absence physique laissés par leur rupture. Le jusque-boutisme du personnage d'Elle donne la possibilité à Jean Cocteau d'aborder un thème qui lui est cher : celui d'un éternel féminin au bord du gouffre, prêt à tout accepter par amour jusqu'à sacrifier, s'il le faut, sa propre existence. Mais La voix humaine porte également sur un sujet moderne à l'époque, celui de la transformation des relations humaines et des comportements sociaux provoquée par l'irruption de certaines technologies dans la vie humaine (ici le téléphone). En choisissant un titre et un nom de personnage neutre (« Elle »), Jean Cocteau met en scène une histoire universelle à travers laquelle le spectateur, homme ou femme, peut s'identifier.

Dans La voix humaine, Jean Cocteau inaugure une nouvelle manière de concevoir l'espace littéraire où la tension dramatique de la pièce repose sur l'absence d'un personnage, représentée par des blancs dans le texte, et les silences qui en résultent. Dans cette pièce on assiste à une véritable inversion dramatique où la non-présence (sur scène) de la réplique donne de l'envergure au personnage sur scène. Par ailleurs, ce monologue a un côté « opératique » qui est véhiculé par l'exacerbation des sentiments et la mise en scène d'un désespoir. Il pourrait presque être rapproché d'un aria terminal précédant la mort d'un personnage dans une œuvre lyrique. Cette caractéristique intrinsèque est probablement la raison pour laquelle sa mise en musique a eu un grand succès. Notons tout de même que Francis Poulenc a attendu presque 20 ans avant de transposer la pièce en opéra, jugeant son expérience insuffisante en tant que compositeur de musiques lyriques pour réussir à retranscrire l'essence de cette pièce.

17, 18 ET 19 JANVIER

 

EN QUÊTE DE BACH

Anna Magdalena Wilcke épouse Jean-Sébastien Bach le 3 décembre 1721 à l'âge de 20 ans. Bach en a 36.  À cette époque, Anna Magdalena est employée comme chanteuse  à la cour princière d'Anhalt-Cöthen.  

 

C'est vraisemblablement là qu'ils se rencontrèrent, Bach y travaillant comme maître de chapelle depuis 1717. Lorsqu'elle épouse Sébastien, celui-ci a déjà quatre enfants d'un premier mariage avec sa cousine Maria Barbara Bach disparue 17 mois plus tôt.

Anna Magdalena accueillera ces enfants comme les siens. Durant les 19 années qu'ils passeront ensemble Anna Magdalena donnera treize enfants à Sébastien. Mère de famille exemplaire, élève attentive, compositrice et copiste, la vie de Magdalena, comme celle de Sébastien et de leurs enfants, est entièrement tournée vers la musique. 

Le concert

Nous avons choisi de travailler sur une adaptation du texte de Esther Meynell et de la porter à la scène de la manière la plus sobre. C'est une soirée que nous passons en compagnie d'Anna, une soirée intime et amicale. La voix du narrateur entourée d'instruments convoque des personnages et des musiques qui peu à peu dressent un décor et deviennent familière à l'auditeur. Un voyage au coeur de l'Allemagne du XVIIIe siècle musical porté par deux magnifiques artistes. Julie Sévilla-Fraysse, violoncelliste  et Elena Bayeul-Gertsman au clavecin

ELENA BAYEUL-GERTSMAN clavecin

EMMANUEL BALSSA violoncelle

JEAN MANIFACIER récitant

D'après "La petite chronique

d'Anna Magdalena Bach"

D'Esther Meynell

la petite chronique

 

C'est à travers le texte de cette petite chronique écrite par l'autrice anglaise Esther Meynell que nous allons pénétrer dans l'intimité du Cantor de Leipzig. Anna est veuve depuis plusieurs années lorsqu'un ancien élève de son mari lui rend visite.  À la fin de l'entretien il lance l'idée de mémoires familiales. celle qui partagea durant tant d'années la vie du virtuose doit écrire les souvenirs de ce compagnonnage pour que la figure de Bach demeure à jamais parmi nous. pendant de longs mois, au milieux des soucis qui l'accablent et de la misère qui la contrait, elle va renouer avec Sébastien et nous raconter l'envers du décor.

Esther Meynell se glisse dans la peau d'Anna Magdalena et prend le prétexte de cette chronique pour nous ouvrir les ports de l'intime.

17, 18 et19

AVRIL

 

JOURNÉES DU PIANO ROMANTIQUE

Documentaire Pleyel 8888

 

film-documentaire «Pleyel 8888», de Sébastien Renaud. Ce film traite de la révolution esthétique romantique, avec, comme acteurs principaux, quelques représentants des pianos romantiques : Pleyel de 1831 et de 1841, Erard de 1853, et un Czapka Viennois de 1867.

Ce documentaire, coproduit par l’Académie Bach, prend pour point de départ l’histoire du piano Pleyel n°8888, fabriqué en 1841, pour essayer de comprendre en quoi l’utilisation des instruments anciens aujourd’hui pose des questions nouvelles pour une meilleure compréhension de la musique romantique du XIXe siècle. À travers l’exemple d’autres instruments, il nous permet de comprendre combien ces instruments historiques, loin de nous enfermer dans la nostalgie du passé, mettent en valeur la modernité du langage musical des compositeurs de leur temps.

La projection sera suivie d’une table ronde sur le piano historique, animée par Jean manifacier avec Rémy cardinale, Sébastien Renaud, Jean-François Tobias.

Rémy Cardinale sont amenés à contextualiser l'émergence du piano romantique au sein de la société bourgeoise au XIXe siècle et à révéler l'extraordinaire palette sonore des différents instruments d'époque inconnus du grand public.

Concert Chopin

Le public assistera ensuite à un concert autours des oeuvres de Frédéric Chopin composé d'oeuvres tirées dernier disque de Rémy cardinale sur Pleyel 8888. 

RÉMY CARDINALE pianiste

SÉBASTIEN RENAUD réalisateur

JEAN-FRANÇOIS TOBIAS restaurateur

JEAN MANIFACIER présentation

Piano Pleyel 8888

DU 6 AU 10

JUILLET

 

MASTER CLASS

CHANT LYRIQUE

BRIGITTE BALEYS mezzo-soprano

ALINE BARTISSOL pianiste

SOPHIE MARILLEY mezzo-soprano

ÉRIC CERANTOLA pianiste

Ouvert aux professionnel.le.s et aux

amateur.rice.s ayant une bonne pratique du chant

 

Stagiaires 500€

Pose déjeuner pique nique canadien

Repas du soir inclus.

Auditeurs et auditrices entrée 5€ 

Nombre de participant.e.s limité à 20 personnes

BULLETIN D'INSCRIPTIONS

Un hébergement peut être mis à la disposition des stagiaires sur demande  en contactant :

contact@autrementclassique.com

TOURNÉE D'ÉTÉ CRÉATION VILLE DE BRIARE

 

OPÉRA VAGABOND

Spectacle participatif

"Le rire et la jubilation que provoquent au théâtre les scènes de comédie, m’ont inspiré Opéra Vagabond. Un spectacle que j’ai écrit pour les amateurs de belles voix, mais aussi pour un public qui ne viendrait pas spontanément à l’opéra, en faisant le pari du théâtre, du spectacle populaire et exigeant qui vient se voir en famille".
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Titre 6

TOURNAGE DU DOCUMENTAIRE L'ART ET LA MANIÈRE

 

Sur une idée de Raphaël de Vellis

En 2011, je réalisais un portrait documentaire du chef d’orchestre Fayçal Karoui pour qui Jean Manifacier écrivait alors un spectacle hors du commun : « l’Orchestre prend ses quartiers ». Il s’agissait d’un concert participatif donné au sein d’une cité, dans lequel se mêlaient un orchestre symphonique, des rappeurs, des danseurs de hip-hop, et tout habitant du quartier qui désirait prendre part à l’évènement. 

 

C’était la première fois que je rencontrais Jean Manifacier et je fus frappé par son enthousiasme de porter la musique classique partout où on ne l’entend pas.

 

De cette rencontre naquirent entre nous de nombreux projets et une amitié sans faille.

 

Lorsqu’il me fit part de son projet « Opéra Vagabond », je retrouvais chez lui la nécessité impérieuse d’aller « faire de la musique » sous les fenêtres des villages comme il en avait fait au pied des tours de la cité. Emmener ici et là des artistes de haut niveau que l’on réserve d’ordinaire « aux grandes salles des grandes villes qui ont de gros budgets ». Et en fond cette motivation : la musique comme prétexte à la rencontre ; la rencontre pour faire de la musique.

 

Me vint alors l’envie de filmer cette aventure pour en faire un documentaire. Depuis son point de départ jusqu’à son issue. Suivre Jean Manifacier et son équipe de bénévoles dans la tâche qui les attendait.

 

Se plonger avec eux dans le labyrinthe parfois kafkaïen des subventions. Les accompagner lorsqu’il faut persuader des élus aux budgets souvent serrés d’accueillir ce spectacle et de le rendre accessible à tous. Convaincre les artistes du bien-fondé de ce joyeux dessein sans le sou et pourtant si proche des motivations mêmes qui initièrent leurs carrières. Et puis aller dans les villages et y rencontrer ses habitants. Les uns seront bientôt simples spectateurs tandis que les autres y prendront part à leur manière, en tant que bénévoles, hôtes, ou encore choristes. Imaginer le spectacle dans une singularité propre à chacun des lieux qui l’accueillera. Répéter avec les artistes jusqu’à la générale qui aura lieu au sein de la ferme de Rivotte. Et puis enfin la première. Tant attendue. Les éléments de décor sont disposés sur la place du village. Les spectateurs sont assis là où d’habitude ils font leur marché. 

L’un d’entre eux a mis son balcon à disposition d’un projecteur qui éclaire la scène éphémère tandis que son voisin attend fébrilement de voir sa petite fille dans la chorale qui accompagnera un morceau. Dans les loges improvisées en plein air, les artistes ont le trac. Bientôt il faudra entrer sur scène. Et c’est ici que s’achèvera notre récit. Car le spectacle nous le laisserons bien vivant là où il est, dans le temps qui est le sien, et à ceux à qui il est destiné.

 

Mais pour un tel projet à l’issue incertaine il me fallait un producteur pour m’accompagner. Quelqu’un capable de prendre la mesure de l’engagement qu’est celui de Jean Manifacier ainsi que de sa petite équipe de bénévoles passionnés. C’est alors que m’est venue l’idée de proposer ce film à Benoît Pilot de la société Raymanta Productions. En tant que producteur de cinéma, j’ai trouvé chez lui la sensibilité nécessaire à ce projet et il a tout de suite mis à ma disposition les éléments techniques pour que nous puissions commencer le tournage et vous raconter dans son ensemble cette aventure qui mène au spectacle.

 

Raphaël de Vellis

Titre 6

CGV

AUTREMENT CLASSIQUE

Théâtre de l'Escabeau | Ferme de Rivotte

45250 Briare | 0676396382

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